La psychologie positive

 « Il y a deux stratégies complémentaires pour améliorer la condition humaine. Une consiste à soulager, à libérer ce qui ne va pas, l’autre est de renforcer ce qui est positif. »
Martin E. P. Seligman, fondateur de la psychologie positive 

Psychologie positive : définition et origines

La psychologie positive est un courant de la psychologie fondée en 1998, lors du congrès annuel de l’association américaine de psychologie, par le Docteur Martin E. P. Seligman et le Dr Tal Ben-Shahar. Cette discipline est le résultat de recherches scientifiques rigoureuses suivant des protocoles expérimentaux bien définis. (Il est intéressant de noter que bon nombre de ces études ont été effectuées auprès de patients dans un état dépressif et ont donné des résultats probants sur la réduction de leurs symptômes). Pour Shelly Gable et Jonathan Haidt, la psychologie positive est « l’étude des conditions et des processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des personnes, des groupes et des institutions ». En d’autre mots, les recherches en psychologie positive se sont axées sur ce qui peut :

 

  • nous rendre plus épanoui, heureux,
  • améliorer la satisfaction de notre quotidien
  • accroître notre bien-être


L' idée de la psychologie positive est notamment venue du constat fait par ses fondateurs, de la pénurie, voire de la rareté des recherches et des publications scientifiques en psychologie sur le bonheur et le bien être, à l’instar de celles qui avaient pour sujet: l’anxiété, la dépression, les dépendances, les maladies mentales… De fait, « la science psychologique” se concentrait principalement et jusqu’alors, sur le diagnostic et la guérison de ces troubles.

D’ailleurs, Martin SELIGMAN a lui-même consacré la première partie de sa carrière à accompagner les personnes dans le soin de leur dépression, de leur mal être, de leur état de stress, d’angoisse, de tristesse, de leurs maladies… Comme il le dit lui même à : “soulager la souffrance et éradiquer des maladies invalidantes” (extrait de son livre S’épanouir). Autrement dit, il a pratiqué ce qui peut être appelé la “psychologie traditionnelle”, la pratique d’une science de guérison. 

 Anecdote

Martin SELIGMAN fait souvent référence à cette anecdote personnelle qui lui a fait comme un déclic.

 Alors qu’il désherbait le jardin avec sa jeune fille Nikki, tous deux ont eu une conversation. Reprochant à son père de crier pour la faire travailler, elle lui expliqua qu’elle s’était rendu compte qu’elle avait décidé le jour de ses 5 ans de ne plus être une pleurnicheuse. Elle lui déclara alors fièrement: “ C’est la chose la plus difficile que j’ai jamais faite. Si je peux cesser de pleurnicher, tu peux aussi cesser d’être grincheux »

 

Dans son livre S’épanouir, Martin SELIGMAN a écrit au sujet de cette anecdote : « Ce reproche ouvrit la voie à la psychologie positive. Je m’étais aperçu que j’avais effectivement été grincheux pendant 50 ans, que ma pratique éducative se résumait essentiellement à corriger des faiblesses au lieu de construire des forces et que la profession de psychologue à la tête de laquelle je venais tout juste d’être nommé était axée presque exclusivement sur l’idée de débarrasser le patient d’un état invalidant au lieu de créer pour lui les conditions qui lui permettraient de s’épanouir »


 « Dans notre précipitation à soigner les personnes à problèmes,
dans notre hâte à réparer ce qui était cassé,
il ne nous vint pas à l’idée de développer des traitements visant à rendre
les gens heureux, des traitements positifs”. » – Martin SELIGMAN
 

 

La complémentarité de la psychologie positive avec les autres courants de psychologie

Freud assurait :
“La psychanalyse ne sert pas à être heureux, cela sert à passer d’une souffrance névrotique à un malheur banal” (extrait de la préface écrite par Christophe ANDRE, du livre : S’épanouir Martin SELIGMAN)


 Il est important de préciser que la psychologie positive n’a pas vocation à se substituer, contredire, dénigrer … les autres courants de la psychologie. Elle s’est créée et se situe dans une complémentarité. Elle est d’ailleurs le fruit d’un héritage de recherches pluridisciplinaires en psychologie, neurosciences, philosophie.

 

Avec son arrivée dans le champ de la psychothérapie, elle offre un choix plus large dans la manière dont chacun souhaite être accompagné pour évoluer et/ou changer son quotidien.


 “Adopter la perspective de la psychologie positive ne consiste pas à ne
considérer que la facette « rose » de l’existence”
Jacques LECOMTE 

 

Dans son livre : Introduction à la psychologie positive, le psychologue Jacques LECOMTE écrit :


“S’intéresser à la psychologie positive ne consiste pas à percevoir ou à observer le monde qui nous entoure d’une manière idéalisée, comme au travers de lunettes roses.

Il ne s’agit pas non plus de mettre de côté les connaissances acquises sur la souffrance psychique et sur les moyens d’y remédier.

Le courant de la psychologie positive considère simplement qu’à côté des multiples problèmes et dysfonctionnements individuels et collectifs s’exprime et se développe toute une vie riche de sens et de potentialités. Elle est donc un complément logique au corpus de recherches sur la psychologie clinique et la psychopathologie.” 

NB : Ce que n’est pas la psychologie positive

 

La psychologie positive n’est pas :

  • une méthode miraculeuse pour être heureux
  • une approche niant les émotions désagréables, les évènements difficiles et les épreuves de la vie
  • une simple succession de pensées ou d’affirmations positives* à se répéter
  • l’application du principe d’auto suggestion
  • une branche du développement personnel


*pour autant, les pensées positives favorisent les comportements positifs et déclenchent des émotions positifs


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